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PROG'SUD

Qualité et diversité, que du bonheur !

article écrit par Benoît Herr (N°45 - été 2006)

Soleil, chaleur, mer Méditerranée, pastis, sourire radieux, accueil chaleureux... voici quelques uns des ingrédients qui font du Prog'Sud, un festival international de rock (progressif) particulier et exceptionnel.

Hébergé dans une salle appelée Jas'Rod, larguée dans les champs au bout du bout de la commune des Pennes Mirabeau près de Marseille, l'édition 2006 constituait la 7ème du nom. S'étalant sur quatre soirées, le festival accueillait des groupes aussi divers dans leurs origines que dans la musique qu'ils proposaient, même si le fil rouge demeurait une certaine filiation avec le rock progressif.

Mais peut-on encore parler de rock progressif voire même de rock lorsque les seuls instruments utilisés sont une clarinette, un violon, un piano et une guitare classique, comme ce fut le cas des japonais d'Asturias ? C'est la guitare classique qui prend ici en charge toute la rythmique, à l'exclusion de tout instrument à percussion. Un set particulièrement acclamé par un public venu nombreux, la salle étant pleine tous les soirs.

A contrario, ces autres Japonais formant le power-trio appelé Baraka, dont le set a immédiatement suivi, tranchant d'autant plus avec celui d'Asturias, nous ont proposé un hard-rock classique à la Led Zeppelin, tout droit sorti des seventies mais "modernisé", avec force réverb et effets. Puissance et maîtrise étaient au rendez-vous. Et voici déjà la pop très floydienne des allemands de RPWL, venus clore cette quatrième et dernière soirée, à des heures tout à fait indues. Comme à leur habitude, ils nous ont gratifiés de deux reprises de Pink Floyd, "Cymbaline" et "Welcome to the Machine".

En une seule soirée, nous avons brossé là un large panel de musiques, dont certaines étaient inconnues de bon nombre des personnes présentes. C'est aussi à ça que ça sert, un festival : à découvrir des formations, de styles musicaux. Mais un festival, ça va au delà : c'est aussi une occasion de voir ou de revoir des tas de gens, de s'évader de son quotidien, de se détendre, de changer de climat et d'alimentation, de côtoyer voire de discuter avec les membres des groupes dans des circonstances plus cool et naturelles, de visiter des coins dans lesquels jamais on ne serait allé autrement (les quartiers Nord de Marseille ne sont généralement pas très touristiques...).

Bien sûr, les grincheux diront qu'à part Soft Machine Legacy il n'y avait pas réellement de tête d'affiche (ils disent ça non pas parce qu'ils connaissent, ont écouté et n'aiment pas, mais uniquement parce que les noms figurant sur l'affiche ne leur disent rien) et que donc le jeu n'en valait pas la chandelle, surtout si on habitait à 800 kilomètres de Marseille. Pourtant les grincheux en question vont bien en weekend aux Sables d'Olonne, à Arcachon ou à Gien, chez la belle-mère ou ailleurs. Et bien ils auraient été bien inspirés de ramener la belle-mère à Marseille pour joindre l'utile à l'agréable.

Quelques mots sur les autres temps forts de ce Prog'Sud avec, à tout seigneur tout honneur, Soft Machine Legacy qui vient comme on le sait de perdre son saxophoniste Elton Dean, en février dernier. Celui-ci a été remplacé par Theo Travis (Theo Travis Quartet, The Tangent...), un virtuose anglais. "Nous avions tous déjà plus ou moins joué avec lui. Il faisait quasiment déjà partie de la famille. Et puis il était disponible" explique Hugh Hopper, le bassiste de la formation. "C'est pour ça que nous lui avons demandé de nous rejoindre". Il faut dire que la sensibilité du jeu de Theo Travis est extrême et que le Fender Rhodes dont jouait également Elton Dean, ne manque pas beaucoup dans cette nouvelle formation resserrée et plus proche du jazz. Encore un grand moment que l'on doit à la Machine Molle.

Éclat est le groupe organisateur et à l'origine de la manifestation. Leur musique est très inspirée par Soft Machine, justement, mais aussi par un certain Frank Zappa, à qui leur morceau "Mister Z" est dévolu. Le set fut une fois de plus superbe-ils se bonifient avec le temps-même si Fred Schneider, leur nouveau bassiste en est sorti insatisfait de lui "Je sais où j'ai merdé, où j'aurais pu faire mieux, même si cela ne s'est pas forcément entendu dans le public" a-t-il commenté. Nous, on n'a rien remarqué. Promis, Fred.

Mentionnons encore le groupe français Lazuli, dont la musique n'a que peu de rapport avec le rock progressif : elle serait plutôt à ranger entre pop et électro, mâtinée de world. Cette musique atypique repose sur une formation non moins atypique, à base de Chapman stick, de marimba, de vibraphone, de percussions, de guitares et de voix ainsi que d'un instrument singulier : la "Léode". A la suite d'un accident de moto dans lequel il perd l'usage de son bras gauche, Claude Léonetti, guitariste de son état, reste en manque de musique. C'est alors qu'il invente et fait réaliser cet instrument unique qu'il appelle "Léode", sorte de mélange entre synthé, guitare et dulcimer pour l'aspect physique, entre onde Martenot, synthé et guitare pour les sonorités. Par manque de place, nous ne pouvons hélas évoquer les autres formations apparues au cours de ces quatre jours, mais toutes ont donné leur maximum et ont généralement été brillantes.

Non, les festivals ne sont pas qu'un rassemblement de baba aimant à se rouler dans le boue en fumant des joints. Cette image est dépassée et nombreux sont ceux qui sont musicalement d'un grand intérêt, comme ce Prog'Sud ; y assister relève de l'ouverture d'esprit et permet de découvrir de nombreuses formations souvent excellentes auxquelles on n'aurait pas accès autrement.

  

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