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Mangala Vallis : Microsolco et méga son

Le concert débute par une majestueuse intro aux claviers pour un énorme morceau d'entame "Easy empire" qui se situe entre "The lamb" de Genesis
et "Spectral mornings" de Steve Hackett où les deux guitaristes  prennent le lead chacun leur tour .
Un changement de taille dans le Mangala Vallis qui était déjà venu au progsud en 2006 pour la tournée "Lycantrope" c'est le remplacement du

contreversé de Bernardo Lanzetti par Roberto Tiranti (New Trolls, Labyrinth, etc...) au chant (et à la basse) et vu récemment en France dans

le "Excalibur live à Broceliande" d' Alan Simon.

Seuls Gigi Cavalli Cocchi leader et batteur et le guitariste Mirco Consilini sont encore de la partie, l'autre guitariste est Niki Milazzo

(Dirty Rocks, Graziano Romani) et le nouveau claviériste n'est autre que celui de PFM à savoir Gianluca Tagliavini

Autrement dit c'est du lourd qu'on à là !!

Mangala Vallis va jouer le fraichement sorti "Microsolco"  et ce en intégralité et dans l'ordre.

C'est donc au tour de "Gods of the XXI century" puis de "Plastic paradise" qui sonne un peu plus "neo" voir comme un hymne "AOR" où la voix de Roberto s'emploie à merveille et je vais trouver toutes ces versions "live" beaucoup plus dynamiques que celles du disque.

Bien que l'intro de "Welcome to the new world" soit toute It Bites par les sonorités de claviers on sent nettement le côté rétroviseur lorgnant vers IQ

et Pendragon et sa mise en place bien carrée.

A partir de l'éponyme "Microsolco" le propos va déborder du cadre "prog" tellement l'extraordinaire voix de Roberto Tiranti amène une dimension

"hard" et "couillue". Les guitares se prêtent d'ailleurs volontiers au changement et le tout est soutenu par le jeu métronomique de Gigi.

Ce hard-prog racé se retrouve sur "21.12.12" alors que "Terranova" est une ballade qui sonne "FM" alors qu'elle n'en a pas les habits, c'est à cause

de la voix qui est magnifiquement faite pour ça.

Retour au premier album avec "Is the end the beginning ?" et ce morceau très à la Neal Morse prend toute sa dimension en live et cadre à merveille

avec cette volonté de muscler le propos .

Ainsi les guitares prennent une sonorité "hard" qu'elles n'ont pas sur le disque et il n'est pas évident d'en retrouver les subtilités initiales.

J'ai quasi l'impression d'entendre un autre groupe. Il est évident que ça se veut plus racoleur tant au niveau musical que générationnel ; on reconnaît

peu le côté génésien qui habitait ce morceau et ce constat est également valable pour le concert de ce soir . On  disait que Mangala était un fils

spirituel de Genesis or cette volonté "hard" l'en éloigne plutôt.

"The transparent and the obscure" ensuite de l'album "Lycantrope" où sévissait la voix très particulière de Bernardo Lanzetti et bien évidemment

Roberto va lui apporter une toute autre coloration. Ce low-tempo va quand même être un peu boosté par les guitares et le maintien des lignes de Hammond va donner la curieuse impression d'un inédit de Queensrÿche... On demeure dans le même album avec "The mask" et enfin grâce aux claviers
on retrouve davantage le groupe qu'on connaît en offrant certes un néo vitaminé très puissant et il n'est pas interdit de penser à Rush dans ces premières minutes, c'est dire comme le groupe joue ce soir !

Ce morceau déjà énergique à la base voit ses guitares plus incisives donnant un côté White Lion qui passe très bien et rendons hommage au groupe qui a su restituercette difficile pièce presque encore mieux que sur disque même si les voix fort différentes des deux chanteurs obligent quasiment de changer l'angle d'attaque.

Le rappel se fait avec "Pietra su pietra", le morceau participatif du groupe au projet Canossa (avec six autres groupes)  et on n'échappe pas au lifting général et à cette volonté de doper les versions d'origine. Le set se termine avec "Under the sea" (2001) et il est vraisemblable que pour le vrai fan de prog ce court morceau aura été son préféré car le plus respecté. Même si j'ai eu plus l'impression d'assister à un concert d'un groupe d'AOR  qu'à un concert de prog celui-ci fut excellent avec un chanteur d'exception et il est clair que cette formation est armée pour briller sur toutes les planches du monde comme jamais auparavant.

Il y a toujours eu des moments d'exception au  Prog'Sud mais cette cuvée 2013 aura probablement été une des plus reussies avec des concerts
fantastiques de tous ceux qui y étaient attendus, Eclat, Alex Carpani Band, Yuka &Chronoship, Lazuli, Profusion et Mangala Vallis.

A vraiment marquer d'une pierre blanche, on s'est régalé pendant toute cette édition, les nouveaux visages aperçus dans le public n'auront pas d'autre
choix que de revenir l'an prochain et comme d'habitude il nous sera réservé encore d'autres grands moments et de bonnes surprises.

Plus que douze mois à attendre....


Bruno Cassan

  

Herba d'Ameli : Les catalans du Kent ?

Ils nous viennent de Barcelone et se revendiquent catalans avant d'être espagnols et pour preuve c'est en catalan qu'ils défendent leurs chansons.
J'avais écouté leur dernier et sixième disque "Girafes a Sibéria" quelques semaines avant de venir et c'est avec plaisir que je les retrouve ce soir.
Ils en joueront quatre des cinq morceaux mais c'est avec "Noves construccions" de l'album précédent "Inverso visual" qu'ils démarrent et on est
plongé directement dans le "Moonmadness" de Camel !!!

Ce "à la manière de" pour qui aime Camel fonctionne grave, même son à la Latimer, même batterie à la Andy Ward, les claviers, la flûte,

tout y est ! S'en suit un quart d'heure de "Miradors" ; un peu long à démarrer mais ensuite les claviers caméliens font qu'on ne peut qu'adhérer

surtout que le reste monte crescendo en intensité. D'habitude les aixois du groupe Mirage viennent en spectateurs, ils se seraient régalés s'ils avaient été là. Ce chant en castillan n'est pas désagréable, au contraire il marque une différence d'avec Camel. Il y a deci delà depuis le début quelques passages un peu jazzy et individuellement tous sont brillants et Valenti Pinos Campodarve le guitariste cultive semble-t-il la même introspection qu'Andy Latimer ou de Steve Hackett à ses débuts.

Un titre inédit ensuite "Extari terrenal" prévu pour le prochain album. Beaucoup plus personnel et ce malgré la flûte et quelques notes de clavier tout Supertramp, il est beaucoup plus riche en différents thèmes et surtout en breaks  mais demande un effort d'écoute car ça part un peu dans tous les sens.

Puis à "Oficis per una llebre" et "Girasol" d'être joués et leurs accointances jazzy sont finalement assez canterbury et font donc immanquablement penser à Caravan, il est donc difficile de ne pas les apprécier si l'on aime cette école.

Avec "Malestruc" le morceau qui conclut l'album est davantage camélien, proche du premier morceau de ce soir voire d'America dans sa seconde partie. C'est donc très plaisant à entendre cette histoire-là d'autant que le final est assez gourmand en structures

 et en notes plus "modernes" et ce pour un progressif un peu plus "large".

En rappel c'est "Picant pedra" et pour un morceau final c'est un peu trop linéaire et ça reste trop longtemps en mid-tempo mais il faut tout de même
souligner un grand passage rappelant le "The world became the world" de l'illustre PFM qui arrachera des "hoooooo" de satisfaction à ceux, nombreux,
qui ont reconnu l'analogie.

Quatrième soir :


Weend'ô : la bonne surprise

Ce groupe originaire d'Agen a sorti son premier disque "You need to know yourself" début 2012 et fut plus que bien accueuilli par la presse.
Ce soir ils vont le défendre de belle manière en en jouant 7 des 9 morceaux (ou 11 selon comment on compte). C'est le titre éponyme qui est choisi en entame, morceau assez "neo" et ma foi fort appétissant. Leur leader Laetitia Chaudemanche (pas de plaisanteries graveleuses svp...) est un p'ti bout de femme fort mignonne par ailleurs qui cumule le chant et les claviers.

A défaut d'être burnée cette demoiselle est sacrément coffrée et sa voix, en anglais, porte sans casser les oreilles. Musicalement c'est du déjà

entendu mais vraiment bien fait. La belle a délaissé ses claviers pour devenir front-man sur "Welcome in my mind". Le tout est encore un néo de bonne facture façon Pallas des débuts ou XII Night mais à leur crédit les nombreux développements sont énergiques, convaincants et fort agréables.

Avec "Run away" on reste dans le même univers que le précédent notamment du côté de la section rythmique. Une belle impression de puissance se
dégage du groupe ce qui manquait à l'évidence aux deux groupes français d'hier. La guitare sonne presque IQ et Pendragon sur la fin, rien d'ardu mais
encore bien exécuté.

Place à "The soulmate" et à sa première partie avec Laetitia seule à la voix et au piano ; ni bon ni mauvais et malgré l'incontestable très bonne voix cela ne m'émeut pas plus que ça, ce qui pourtant est je pense le but recherché à ce moment du concert...

Le guitariste intervient ensuite mais ne fait que rallonger de quelques minutes cet instant "d'intimité". On reste dans le neo des 90's avec "Experience" mais avec suffisament de diversité pour rester attrayant et je ne percois pas de réelle faiblesse chez ce groupe.

Dernier morceau "Deadline" qui démarre par un quasi solo de batterie ; comme dit plus haut, le tout est toujours très agréable mais je trouve toujours étonnant qu'un jeune groupe refasse une musique quasi à l'identique d'y il y a 25 ans car cette pièce c'est du XII Night tout craché !!!

A contrario, le rappel "Dark Element" sonne davantage actuel et plus lourd dans son intro façon Riverside.

Au final une très bonne heure ou presque avec une belle découverte et promise probablement à un bel avenir.

PS/ A noter que cette impression 90's ne se fait quasiment pas sentir sur le CD...

Profusion : Enorme confirmation

J'ai découvert ce groupe italien originaire de Sienne en septembre 2012 lors du festival Veruno. J'avais bien apprécié leur set malgré un son qui ne mettait pas vraiment en valeur leur potentiel. Et puis je suis tombé en pamoison devant leur troisième album "Rewotower" et  j'avais été un des premiers à en faire une enthousiaste chronique (KOID'9 n° 83). Depuis le disque a atterri dans toutes les rédactions et a fait l'objet d'échos tous plus élogieux les uns que les autres. Leur hard-prog mélodique va faire un bien fou après les deux groupes précédents et Profusion va scotcher à leurs places tous les spectateurs suspendus à leurs prouesses techniques au service de superbes mélodies.

C'est l'ingénieur du son de l'album qui officie ce soir pour eux à la console et le groupe va restituer parfaitement toutes les atmosphères différentes du
disque et on va se rendre compte du haut niveau des uns et des autres car toutes les difficultés des compositions sont facilement reproduites sur scène.

Vladimer Sichinava est monstrueux derrière ses fûts secondé à la basse par un Luca Cambi parfait, ça c'est une section rytmique !

Les mélodies sont tissées par Thomas Laguzzi ultra efficace à la guitare et beaucoup moins démonstratif que ce que le disque peut laisser croire et par le Jordan Rudess italien, Gionatan Caradonna et ses claviers furieux et redoutables dont il joue souvent que d'une seule main et avec une vitesse affolante.

"Rewotower" sera joué dans son intégralité dans un ordre différent, il s'y verra intégré en sixième position un inédit "Talk with the death" à venir sur le prochain album où la voix de Luca Cambi y fait merveille. Non seulement Luca est assez charismatique mais il est vraiment un chanteur d'exception au registre étendu.

Le groupe va souvent surprendre le public, même ceux qui connaissent l'album, en finissant quelques morceaux de manière abrupte pour mieux les redémarrer et on peut même se demander si eux-même n'essayaient pas de se piéger les uns les autres.

Un concert exceptionnel qui aura mis une baffe à beaucoup et un groupe qui est appelé à devenir très grand avec un management efficace.

Children in paradise : Temps mitigé en Bretagne

Sextet francais ayant pour particularité d'avoir un instrumentiste, Loic Blejean jouant d'instruments "bretonnants" (Uilleann pipes (cornemuse irlandaise),
low whistle (sorte de flûte à bec)) qui connote ainsi d'Irlande la musique du groupe.
Le batteur n'est autre que l'excellent Patrick Moreau, vu ici avec Sylbat et le bassiste s'appelle Stephane Rama, c'est le fils d'Hilaire (Sylbat, Pat O May,
Alan Simon...) Le guitariste Gwalc'hmei a un jeu éclectique et parfois gilmourien. J'ai du mal à situer ce groupe pourtant catalogué "hard-prog-celtique". Pour l'instant les morceaux sont à dominante climatique où officie une chanteuse qui n'a pas une voix particulière et n'abusant pas du coffre qu'elle
a pourtant ni du petit côté (fort craquant) Marianne Faithfull que l'on peut percevoir parfois.
C'est un peu à l'image du groupe, rien de clinquant mais une bonne cohésion allant bien avec ces propos souvent mid tempos. Le guitariste a
véritablement quelque chose mais l'accumulation de ces low tempos ennuie à la longue. Pourtant même avec des trucs "bretonnants" (assez rares finalement) on peut faire lever les foules et être speed et entraînant !!!
Au final, la trop grande linéarité des compositions aura plongé un peu tout le monde en léthargie.

Troisième soir :

Elora : l'énigme
Vous connaissez le symbole du Tao, le yin et le yang, le rond blanc dans le grand cercle noir et bien je vais être le rond noir dans le cercle blanc.
Question d'équilibre.

En effet Renaud va être dythirambique dans sa chronique du nouveau CD, je vais donc être le méchant de l'histoire, la vérité se situant probablement

entre les deux quoique ici mon jugement ne porte que sur leur prestation "live". Je n'avais pas aimé Elora il y a trois ans et pour ne pas leur porter
préjudice j'avais laissé le soin à Renaud de vous faire cette partie du compte-rendu 2010. Cette fois-ci il n'en est rien car on ne peut plus les taxer de
"petit groupe", Elora étant quand même programmé sur 4 festivals majeurs cette année...

Histoire d'être impartial je n'ai pas voulu écouter ce nouvel album avant de venir afin de n'avoir aucun préjugé.

Tout d'abord, il y a l'éternel problème du chant en français. Pour repousser au maximum l'étiquette "variété" (ce que clairement Elora n'est pas) il faut

une musique suffisamment élaborée pour faire fi des paroles. Et ici non seulement elles me semblent encore trop "cliché", quand on parvient d'ailleurs à

les attraper  mais le souci pour moi provient du propos musical qui manque d'ambition, de personnalité voire de moyens. Le bassiste est

incontestablement excellent mais comble il est le membre le plus introverti et avoue que s'il pouvait se cacher derriere les amplis il le ferait....

La batterie ne lui répond qu'en faisant le boulot à minima. Je sais ce qui me gêne chez Elora, c'est que malheureusement les complices guitare et

clavier ne nous proposent ni aucun lâcher-prise ni de mélodie imparable. Je ne parle pas forcément de solos (d'ailleurs que 3 ce soir à la gtr, est-ce un
signe ?) mais on dirait que soit ils sont incapables de mieux et là je crains le pire quand à l'évolution du groupe soit plus vraisemblablement qu'ils
s'auto-censurent et se brident mutuellement pour ne pas faire de l'ombre à l'autre.

On est aux antipodes d'un orgueuil démesuré alors davantage d'audace, plus d'exubérance, plus de folie, davantage de sorties d'une route empruntée par tant d'autres que diable !

Ca serait vraiment dommage d'en rester là car il est clair pourtant que le groupe a progressé et a, dieu merci, laissé tomber le côté visuel par la danse qui était assez horripilant mais surtout un bon nombre de gens avoue être émus par leur musique !

Une dernière critique pour la route.  Damien sois toi-même ! Quand tu passes les plats tu nous la joues façon Nicolas Sirkis désabusé et ce n'est pas crédible, c'est très irritant et après je suis obligé d'écrire des horreurs.

Et si personne n'est d'accord avec moi alors promis, la prochaine fois je change les piles de mon sonotone avant de venir !!

PS/ Depuis j'ai écouté le CD et je dois dire qu'il est bien bon !! Ce qui semble donc me donner raison ; allez la bande, n'ayez plus peur de rien, la scène doit être un terrain de jeu, OSEZ !!!

Lazuli : Sur des rails

Au fil des ans Lazuli a vu grandir son aura tant sur le plan national qu'à l'international. Grâce à des albums toujours plein de diversité, d'énergie et de poésie, grâce à un spectre musical multi-pass proposant des morceaux différents et de qualité le groupe a maintenant un following assez conséquent,
pour preuve ce soir le Jasrod est blindé ; il est clair que beaucoup de personnes se sont déplacées en partie pour eux. Résultat des courses il fera une
chaleur estivale à l'intérieur pendant que dehors, comme souvent, le mistral s'est invité et frappe à la porte.

Je ne sais plus quoi dire de leurs prestations live tant j'ai eu par le passé à vous les relater. Ce qui est certain c'est que le show Lazuli est supra rodé.
Tout est en place, l'énergie est encore et toujours au rendez-vous et le public au diapason a la bouche en forme de banane et chante dès qu'il peut manifestant son amour inconditionnel au groupe.

Ce qui est toujours appréciable ce sont les moments un peu plus intimes quand les musiciens se charrient entre eux et plaisantent au dépens des péripéties de l'un d'entre eux. Il n'y a aucun reproche à faire et pourtant en discutant avec beaucoup de spectateurs j'ai vu poindre un sentiment qui me semble typiquement français. On n'ose pas encore brûler ce qu'on a aimé mais j'ai entendu beaucoup de voix dire le fameux : "C'était mieux avant..." ou "
C'est super mais c'est toujours pareil".

Le "c'était mieux avant" veut dire que l'on regrette le temps plus organique de la musique, celui de la Warr guitar de Sylvain (car il n'y a pas de basse) celui du temps des percussions de Fred et Yohan qui effectivement pouvaient transformer plus facilement un morceau pour le rendre moins "toujours pareil". Ces "reproches" ne sont pas dénués de sens mais non seulement la page est tournée mais également je vois mal le groupe s'excuser d'être quasi parfait dans sa musique.

Par comparaison j'ai écouté des centaines de bootlegs de Genesis et je peux vous affirmer que c'est quasi toujours la même version sans surprise que sur le disque, ce qui ne les a pas empêché de faire la carrière que l'on sait. De plus c'est erroné concernant Lazuli, les versions sont quand même,
j'ose un pléonasme, nettement plus "vivantes" en live. Tous les albums sont diversement représentés, le groupe finissant même par le vieux "Naïf" avant l'incontournable "Mon mari m'bat" et son final avec le groupe autour du métalophone.Bref, ça roule pour Lazuli et on espère avoir encore beaucoup de concerts à partager en attendant un nouvel album histoire d'avoir du neuf qui deviendra vite vieux pour certains....

Yuka & Chronoship : un enchantement

Si vous avez lu ma chronique de l'album de 2012 (voir KOID'9 n° 80) vous savez que j'adore ce groupe et plus particulièrement sa claviériste et
chanteuse Yuka Funakoschi.

Possédant les 3 albums qu'elle a fait avant de créer ce groupe, la voir en live ici au Progsud relève presque du miracle et mon attente sera comblée

au-delà de mes espérances.

La sortie du nouvel album "Dino Rocket Oxygen" (voir chronique + loin) coïncide avec le Progsud et c'est avec "Dinosaur suite" amputé de l'intro

présente sur le disque que le groupe entame son set.

Yuka & Chronoship œuvre dans le progressif japonais qu'on aime à savoir extrêmement symphonique et se hisse sans difficulté au niveau du

grand Teru's Symphonia.

Yuka va prendre la parole pour remercier à travers les gens présents la France qui a très vite secouru le Japon lors du tsunami de 2011 dans lequel

elle a perdu des proches. Un discours qui fait son effet d'autant plus qu'il est suivi de notre hymne national version "prog" ! Jouer la Marseillaise à

Marseille il n'y a rien de tel pour mettre le public dans sa poche !

Deux morceaux du premier album ensuite et se dégage de la scène l'impression de vivre un moment magique ; la musique (rappelons qu'il s'agit d'un

concept autour de l'eau) plonge le public dans une lascive écoute et une douce féérie. Pourtant il y a une vrai humilité de la part des musiciens et ça

 le public le perçoit et l'apprécie. Cette candeur fera pour beaucoup dans le succès de ce soir. On revient vers le nouvel album pour deux morceaux
mais ce qui devrait rester dans l'esprit des spectateurs c'est que de voir Yuka sur cette scène est un vrai bonheur.

Quelle est belle la fée Yuka !

Quand elle n'a pas les yeux fermés vivant sa musique à fond, elle arbore le plus radieux des sourires, affichant cet état de bonheur qui l'étreint et qui est
très communicatif. Quand elle sourit comme ça, elle est si belle tellement elle irradie, son feu intérieur rayonne tel un soleil.

De plus ce progressif raffiné tel sur "Hector" avec ces claviers tantôt à sonorités "piano" tantôt très emphatiques mariés à de magnifiques lignes de guitares

accentuent l'émotion qui nous submerge et comme si ça ne suffisait pas Yuka va faire un magnifique cadeau à votre serviteur : Jouer "Morning bird".

C'est avec ce morceau "pop-rock" que j'avais fait connaissance avec Yuka en trouvant par hasard sur Youtube ce titre semblant provenir d'un album d'America. Ce morceau a toujours résonné en moi de manière passionnelle et de l'entendre là m'a, j'avoue, bien serré la gorge...

Le spectacle se clôt avec "Kiribati" le dernier et le plus long morceau de "Water reincarnation" également le plus enlevé de l'album habité aussi par des
lignes divines de piano . Toute aussi divine et lénifiante la douce voix de Yuka que l'on aura

entendu trop peu entendu ce soir car elle est peu présente sur le nouvel album.

Le groupe quitte la scène sous les bravos et est plébicisté pour un rappel et là c'est la surprise, Yuka revient seule et va interpréter une chanson

traditionnelle japonaise et ce à capella ! Je crois que le charme lancé par Yuka ne s'est ni rompu après leur concert ni même à la fin du festival car

cette superbe artiste a marqué nos cœurs à jamais...

Deuxième soir :


Telescope Road est un trio formé de Alain Chiarazzo d'Eclat (gtr acoustique), de William Kopecky (basse) et de son compère de
Pär Lindh Project le batteur David Lillkvist.

Leur premier morceau à l'inspiration orientico-indianisante est difficilement classable mais s'apprécie tel un bon cocktail. Le suivant accentue l'atmosphère indienne avec des sonorités de tablas. En fait Telescope Road ressemble à une récréation ; relativement éloignés de leurs habituels univers respectifs
(peut-être un peu moins vrai concernant Alain) ils s'entendent comme larrons en foire dans une musique climatique à épanchements variables.

Pas si éloigné de Saw, trio vu en 2009 avec déjà  Alain et William, ces trois là s'autorisent à rentrer où ils veulent, jazz-rock, ethnique, flamenco (un peu).

Cette formation n'a que quelques mois et même si on sent déjà la cohésion on voit que chacun s'autorise des délires perso quand bon lui semble...
On peut considérer la démarche "progressive", la musique elle un peu moins. Le troisième, plus cool (dixit Alain) privilégie effectivement les mélodies

à la technique, quoique... C'est vrai qu'on y est bien dans ce lit avec les notes de guitares comme drap, le final reprenant ce côté indien.

La dernière pièce s'appelle "Kundalini cowboy". Pour vous décrire ce morceau c'est très simple.

Pour faire court la kundalini est l'énergie sexuelle. Nous avons donc ici la mise en musique de la position sexuelle du rodéo. C'est à dire, votre compagne
est allongée sur le ventre, vous la pénétrez doucement puis vous passez vos mains sous elle afin d'attraper et de tenir fermement ses seins.
Quand c'est fait vous lui dites : "Je crois que ceux de la voisine sont plus gros !". A partir de là vous devez tenir 10 secondes !!!

Telescope Road c'est ça...se faire plaisir sans prise de tête.

Au tour du Alex Carpani Band d'arpenter les planches du Jasrod pour la troisième fois. En 2010 le sieur Alex était venu avec le légendaire Aldo Tagliapietra du grand Le Orme et aujourd'hui il a emmené dans ses bagages le tout aussi légendaire David Jackson, le mythique saxophoniste de
Van Der Graaf Generator.

Le concert va se faire en deux parties, la première consacrée au répertoire de ACB et la seconde à celui de...VDGG.

Mais surprise David Jackson est déjà sur scène pour "Alexa in the cage" ce qui veut forcément dire que la donne va être modifiée. En effet même si les écheveaux principaux vont être conservés cet allumé de David va les colorer de ses sax et nous gratifie déjà de la performance de jouer de deux sax en même temps. (oui, les deux becs dans la bouche !)

C'est attendrissant de le voir quand il ne joue pas donner la mesure de sa main droite comme le ferait un chef d'orchestre...("In the rocks")

Sur "Spirit of darkness" le sax de David va grandement adoucir cette pièce en amenant une certaine suavité alors que l'intro de "The siren & the mariner" est différente car ponctuée d'une flûte à bec dont joue David avant de rééditer l'exploit de souffler dans deux sax tout en suivant ses parties sur partition, efficacité oblige et où la guitare de l'excellent Ettore Salati a ici davantage de place.

C'est avec une flûte traversière cette fois que David introduit "Moonlight through the ruins" avant de retourner à ses sax fétiches et pour ceux qui s'en ne seraient pas encore apercu ce mec a le Son. J'ai toujours détesté cet instrument qu'est le saxophone et ce jusqu'à une grosse dizaine d'années où Elton Dean me donna un décodeur. Or de tous temps j'ai toujours adoré celui de David Jackson dans VDGG, il fut l'exception, mon Robby Steinhardt du sax. David est immédiatement reconnaissable entre mille.

Il est vrai que la présence sur scène du mythe Jackson occulte beaucoup celle des autres c'est pourquoi il va s'éclipser pour trois morceaux, "Surviving the assault" où on retrouve les gloutonnes sonorités de claviers génésiens sur le dernier tiers ainsi que sur "Reclaimed", une pièce mélodiquement et rythmiquement ambitieuse qui séduit par ses claviers qui sonnent seventies en n'oubliant pas le mellotron qui va bien. Après "Memories of wedding" davantage néo c'est le retour de David pour la partie VDGG qui va durer plus d'une heure !

Ca démarre par "Darkness" et l'arrivée de Joe Sal (en réalité le petit frère d'Ettore Salati) qui a pour lourde tâche d'assurer les vocaux. Il possède une voix un peu "passe-partout" mais ce n'est pas plus mal car Peter Hammill est de toutes façons inimitable. Toutefois Joe possède un grain de sable et une tonalité suffisamment "grave" pour qu'on s'en accomode très vite et puis la musique, le challenge et la présence de David Jackson sont ce qui semble le plus important.

Et pour ce premier morceau, quelle pêche !!! Ce vieux truc de 1970 du deuxième album (le premier avec David) n'a pas pris une ride, mieux j'avoue que c'est même du Enorme en direct live !

"My room" ensuite de "Still life" (1976) où il manque cruellement l'habituel spleen distillé par Hammill. Le sax de David lui y est conforme et impérial.

Attention, Joe Sal s'en sort plus que bien mais le tout est tellement excellent qu'on voudrait le parfait !

On demeure dans la machine à remonter le temps avec "The refugees" et la magie est là, opérante. Putain on y croit grave ! On est en février 1970 et on assiste à un concert de Van Der Graaf même si c'est le seul moment où la voix de Joe Sal ne le fait pas.

C'est au tour du "Killer" du troisième album (1970) et quel grandiose morceau !! J'adore ce truc depuis si longtemps et quel plaisir de l'entendre en live avec l'incontournable sax, et celui d'origine, David Jackson himself ! Quel pied ! Absents mordez vous les doigts !

Un grand écart ensuite avec "Boleas panic" le seul morceau signé uniquement Jackson de l'album "Present" de 2005. La flûte suédoise et le sax en sont les vedettes et racontent (sans parole) les tribulations d'un berger, les instruments à vent personnifiant les mouvements des moutons (David demandant au public de bêler, ce qu'il fera, façon Panurge, lol) et du pâtre. Extraordinaire !

On ne peut pas souffler car se met en branle l'apocalypse avec "Man-Erg" de mon album préféré à savoir "Pawn hearts" datant de l'été 1971.

C'est superbe, sublime, la voix est ici au top. Comment pouvait on louper ça ? Même le mot superlatif est un euphémisme. Onze minutes de démesure, de folie frénétique, un des morceaux les plus déjantés du groupe.

Le groupe quitte la scène nous laissant tous éberlués, hallucinés, heureux, vidés, comme sous l'effet de l'acide du sax-buvard...

Mais ils nous en faut davantage alors voici le rappel avec... "Theme one".

Beaucoup de gens connaissent ce morceau qui n'est pourtant pas de VDGG...

En effet on le doit à George Martin le producteur des Beatles, trompétiste également et qui l'a crée dans les années soixante, commande d'un jingle pour une émission de nuit de la radio anglaise BBC.

VDGG l'intègre entre le premier et le deuxième morceau de l'album "Pawn hearts" mais uniquement sur la version nord-américaine du disque ce qui le rend toujours inconnu à nos oreilles européennes jusqu'à la version "remaster" de 2005. C'est peut-être le groupe progressif italien Delirium qui le "popularisera" en 2009 en l'intégrant à son tour dans le morceau "Verso il naufragio" de l'album "Il nome del vento".

Quoi qu'il en soit cet imparable thème joué ici par David va déclencher l'émeute, le public remplacant chaque note par des "la" et le chantant à tue-tête rendant le moment absolument géant !

Du coup, le Alex Carpani Band et son invité prestigieux ne peuvent en rester là et nous offrent pour finir "Killer" une seconde fois.
Un concert et un moment véritablement exceptionnel ce soir au Jasrod, un de ceux qui rentrent dans la légende... !

Bienvenue au rendez-vous que nous donne le Prog'Sud chaque année et cette 14ème édition va s'avérer une des plus belles...

Premier soir :

Eclat :

Le Prog'Sud n'est pas qu'un festival où on vient pour écouter notre musique favorite c'est aussi un endroit où on aime se

retrouver et discuter de tout et avec tous ; c'est pourquoi, honte à moi, j'ai raté les deux premiers morceaux ("Sawaka song"

 et "Muse et âme") d'Eclat qui ouvrait ce premier soir. Je prends donc contact avec le concert par "Medication" morceau

qui a pris de la consistance au fil des ans, d'un épanchement "basse" initialement il s'est vu rajouté les autres instruments et a

ce soir encore de nouveaux habits tout comme les autres morceaux qui seront tous plus ou moins offerts avec des nouveautés

 ce qui fera toujours le charme des concerts d'Eclat.

"Au fil de l'eau" ensuite , composé par le clavier Thierry Massé est empli du côté clair de la force. La mélodie principale

relayée superbement par la guitare d'Alain renvoie bien à l'impression de l'eau qui sinue devant nous. Le pont jazzy nous met

 les pieds au sec et la sensibilité de Thierry se fait bien jour ici.

A tort ou à raison j'ai trouvé l'intro de "Mare nostrum" plus arabisante et plus longue que d'habitude histoire, peut-être,

de retarder le déluge ozrical qui suit, ce maelström "space" que j'adorerais à jamais avec cette fois-ci un contenu moins
rentre-dedans mais plus exotique et plus subtil avec un final amené très différemment.

Issu du nouvel album "L'esprit du cercle" est joué en partie un peu "à la Gilmour" et devient en conservant un lent tempo matière à chacun des quatre de s'exprimer en privilégiant l'émotion.

L'esprit du cercle c'est d'abord le carré que l'on peut y former à l'intérieur.

 Ce carré c'est la symbiose, tout ce qui en dépasse et restant à l'intérieur du cercle

est la liberté qu'a chacun de s'exprimer en liberté, exemple, un sacré solo d'Alain...

Encore du nouvel album "13" est à l'évidence un dolmen dans la discographie d'Eclat.

Pourquoi un dolmen ? D'abord c'est un monument porteur de solennité ensuite c'est un

 édifice par nature bancal fait d'un nombre impair comme ce morceau qui veut que rien

 ne soit confortable et établi. Et celui-là est du bel ouvrage, porteur d'une immense et

 solide puissance. Il y a quatre mélodies distinctes de par les différents instruments se

 cimentant mutuellement, le tout pour un monument Unesco.

Seul "Rythme infernal" est quasi conforme à l'album ce qui ne sera pas le cas de

"La machine" en rappel. Manifestement très remaniée la version de ce soir

conserve la grosse énergie en y alliant une grosse touche jazzy et en son milieu un

magnifique long solo de guitare et encore une fois différent, je le rappelle Alain

mettant un point d'honneur à ne jamais jouer le même solo.

Du très grand Eclat ce soir pour lancer ce festival.

Prog'Sud 2013   8, 9, 10 et 11 mai


Compte-rendu de Bruno Cassan, photos Denis Vecchie